Le mordançage (Jean-Pierre Sudre)
Le grignotage (Denis Brihat)

But

Obtenir une transformation de l’image en cherchant à la matérialiser en créant un effet de léger relief, lui conférant une impression de gravure.
Le mordançage ne s’applique pas à tous les sujets. Il faut que le sujet s’intègre parfaitement au traitement.
Les sujets de prédilection sont les non figuratifs : cristaux, végétaux, minéraux …

Processus

L’épreuve, soumise au traitement, doit être très contrastée avec :
- des zones blanches qui donneront de la lumière.
- des zones très noires qui disparaîtront au mordançage pour donner des gris.
- des zones moyennes qui ne se modifieront pas ou peu.

Papier

On choisira un grade dur 4 ou 5 ou un filtrage dur pour les papiers multigrades.
L’intérêt du traitement est d’être répétitif et reproductible à condition de noter les temps d’exposition.

Chimie nécessaire

- Chlorure cuivrique
- Eau oxygénée à 110 volumes
- Acide acétique à 80% ou 99,8%
- Acide chlorhydrique

Méthode

Solution de mordançage :

Eau froide: 750 ml
Chlorure cuivrique (cuivre II): 10 g
Acide acétique à 80%: 50 ml
(ou acide acétique à 99,8%: 40 ml)
Eau oxygénée à 110 volumes: 50 à 100 ml selon le papier*
Eau QSP: 1000 ml
* un peu moins si H2O2 à 130 vol

1 - Plonger l’image dans le bain de mordançage pendant 1 à 2 minutes, protéger l’image de la lumière vive directe. Les grains d’Ag se transforment en chlorure d’Ag, l’image blanchit, disparaît légèrement (comme pour un virage). L’eau oxygénée va attaquer la gélatine et les sels d’Ag qui l’enrobent proportionnellement à la quantité d’Ag.

2 - Lavage 3 eaux de 5 mn en cuvette couverte. Il faut protéger l’image de la lumière vive directe, sinon il reste des marques ou bien l’image est inégale.

3 - On obtient de nouveau une épreuve développable par le révélateur déjà utilisé pour l’épreuve originale, ou bien un autre révélateur si l’on doit modifier le ton. (Révélateur ton chaud …).
a/ si le mordançage ne se réalise pas c’est qu’il manque de l’eau oxygénée.
b/ on peut accélérer le processus en trempant l’épreuve dans de l’eau chaude.
c/ il est bon d’effectuer un essai de 4 à 5 bandes de façon à voir les parties que l’on veut conserver ou non et l’effet de mordançage en fonction de l’exposition.
d/ on voit dans le révélateur la gélatine se boursoufler et cloquer.

Après redéveloppement avant dépouillement trempez l’épreuve 5 à 10 mn dans de l’eau pour éviter un début d’oxydation à l’air.

4 - Poser l’épreuve sur un plan incliné, sous le jet d’eau et procéder au nettoyage, une partie de la gélatine s’en va en lambeaux.
Les parties moins noires peuvent être travaillées au coton par un léger frottement. Cela fait partie « du coup de patte » et le travail créatif s’effectue en partie dans cette phase du traitement.

5 - Plonger l’épreuve dans un bain acide pour éviter le jaunissement :
Acide chlorhydrique: 7 ml
Eau: 1000 ml

6 - Laver 6 eaux

Remarque : Sans redevelopper on peut effectuer une sulfuration (Sulfure de sodium, Sélénosulfure, Thiourée) ou bien, une partie sulfuration et une partie redéveloppement.


Daniel Leruste
ART'gentik73