Le tirage Lith




Un tirage lith est une épreuve tirée sur papier noir et blanc à partir d’un négatif noir et blanc.
De par la chimie particulière utilisée, on obtiendra sans passer par différents virages successifs des teintes pouvant aller du bronze à l’orangé en passant par des nuances sépia, chocolat, abricot ou encore lilas. Par ailleurs, l’image pourra parfois être granuleuse, parfois exhiber un effet de « poivre » (points noirs dispersés sur l’image) ou de trame…
Enfin, la grande richesse du tirage lith est de combiner plusieurs de ces effets sur une même image, c’est à dire que les basses lumières seront plutôt froides avec un grain assez marqué alors que les hautes lumières nous donneront des teintes chaudes avec un grain très fin.
Bien sûr rien n’empêchera ensuite le tireur de procéder à des virages qui viendront soit atténuer les teintes obtenues (par exemple le sélénium) ou bien les modifier totalement comme avec un virage direct à l’ or qui donnera des teintes bleutées.

La technique

Il est tout d’abord important de mentionner que tous les papiers ne sont pas réactifs à la chimie lith. Les papiers contenants des accélérateurs de développement ou des azurants réagissent très peu, les papiers Ilford ne sont pas très réputés parmi les tireurs lith par exemple.
Par contre la gamme Foma barytée (131, 132, 532…) réagit très bien de même que les papiers Bergger , Kentona (arrété aujourd’hui)ou encore Adox.
Les kits de chimie lith sont constitués de 2 flacons (A+B). Il existe plusieurs fabricants de chimie lith aujourd’hui, Wolfgang Moersch en Allemagne étant certainement un des grands artisans de la redécouverte de ce procédé mais on en trouve aussi en Grande Bretagne chez Fotospeed ou aux USA chez Arista par exemple.
On peut aussi se procurer diverses recettes « maison » soit sur internet soit dans les livres de Tim Rudman qui est chez les Anglo-Saxons le « pape »  du lith.
Le tirage lith repose sur 3 grands principes :
       - l’exposition sous l’agrandisseur
       - la durée du développement qui peut varier de 5 à 55 mns par exemple avec agitation continue !
       - la dilution du révélateur

L'exposition

On procèdera en général de la façon suivante :
On travaille sans filtre donc en grade 2. On fait un premier tirage avec une ouverture de f11 ou f16 et on recherche ainsi un tirage équilibré que l’on développera dans une chimie classique sans se soucier du contraste mais on peut bien sûr procéder à quelques masquages…
Pour le tirage lith, on procèdera de la même façon après avoir ouvert l’objectif de 2 diaphragmes. Ceci est un point de départ bien entendu.
En règle générale un tirage lith est fortement surexposé (cela peut aller de 2 ou 3 diaphs jusqu’à 4,5 voire 6.
Il faut savoir que la durée d’exposition n’influera pas sur la densité du tirage mais sur le CONTRASTE : plus on pose et plus le contraste sera atténué et inversement, si on garde les mêmes paramètres que pour le tirage classique, on obtiendra un tirage très contrasté voire au trait comme cela était « tendance » dans les 70s.

La durée de développement

Si l’exposition nous donne le contraste de l’épreuve, c’est la durée d’immersion dans la cuvette de révélateur lith qui nous donnera la densité de l’épreuve. Plus long sera le développement, plus la photo « montera ». Le révélateur lith est un révélateur « infectieux » qui si on lui en laisse le temps aboutira systématiquement au noircissement total de l’image.
Toute l’habileté du tireur consistera à trouver le bon « snatch », c'est-à-dire le moment où il faudra retirer l’épreuve du révélateur, tout cela ayant bien sûr lieu en lumière inactinique. De la justesse de ce snatch dépendra le succès ou l’échec de votre tirage.
Pour ma part, j’observe la montée de l’image avec une torche JOBO que j’approche de la cuvette afin de mieux voir les détails monter dans l image (surtout faire attention aux basses lumières).
De toute façon, soyez certains que vous gâcherez du papier…

La dilution

Si les fabricants recommandent souvent une dilution de 1+9, on obtient de meilleurs résultats en optant pour de plus grandes dilutions comme 1+14 ou 1+19. Certes la durée du développement s’en trouvera très rallongée mais les teintes seront bien plus subtiles. Pour pallier à cette durée qui peut être très très longue, on peut utiliser soit une truelle chauffante soit une plaque chauffant qui maintiendra le bain à 25° ce qui aura pour effet de fortement réduire la durée de développement.
Par contre ce révélateur fortement dilué va très rapidement s’oxyder puis s’épuiser. Pour ma part, je prépare 3 ou 4 litres de révélateur pour une séance et au bout de 4 ou 5 tirages je régénère. Je retire500 ml de solution épuisée et j’ajoute 500 ml de solution neuve.
Enfin il faut savoir qu’un révélateur neuf ne donnera pas de belles images il faudra attendre 3 ou 4 feuilles pour qu’il s’oxyde et commence à donner de belles teintes.
Là aussi il ya un « truc ». A la fin de la séance on versera le révélateur oxydé dans une bouteille que l’on conservera. On appellera ce révélateur « vieux brun ». A la prochaine séance de tirage lith on mettra 100à 300ml de vieux brun dans le révélateur frais afin de l’oxyder prématurément.

Conclusion

Je vous ai énoncé les règles de base du tirage lith, rien ne saurait bien entendu remplacer l’expérience et l’expérimentation (on peut aussi jouer sur le dosage A/B et opter pour des dilutions 2+1+14 ou 1+2+14 etc…) les possibilités sont infinies.

Liens et références

Livres:   http://worldoflithprinting.com/
Recettes:   http://unblinkingeye.com/Articles/LithDev
Exemples et conseils:   http://www.lithprint.com/
Portfolio Tim Rudman:   http://www.timrudman.com/
Portfolio Angelo Di Mango:   http://www.apug.org/forums/portfolios


Angelo Di Mango
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